Reconfinement jour 18 (lundi 16 novembre 2020) — Marie-Pierre Despret
Reconfinement jour 18 (lundi 16 novembre 2020)
Une rencontre, un écrit ..

Rabat-Bruxelles 1983-2017
Marie-Pierre Despret
Belgique
1958-2017
Avec Allal et Marie-Pierre, c’est une amitié de plus de trente ans entre Rabat, Casablanca, Tagoudicht et Bruxelles. Au Maroc Marie-Pierre a travaillé de 1983 et 1987 comme éducatrice spécialisée à l’institut médico-pédagogique pour jeunes handicapés mentaux de Casablanca (APAIE), De retour à Bruxelles en 1988, elle s’occupa de l’encadrement pédagogique de jeunes en difficulté et de la formation du personnel éducatif. Elle entreprit ensuite des actions de formation auprès du public des Magasins du Monde-Oxfam. En 1996, elle participa à une mission de formation de formateurs à Haiti avant de coordonner des projets exploitant les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Association Les Corsaires). C’est qu’elle avait bénéficié d’une double formation en sciences de l’éducation (Louvain) et en arts plastiques (diplôme de photographe et de vidéaste, à Bruxelles). A partir de 1998, elle rejoint le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme.
Quand les mots
commencèrent
à te tomber des mains,
le bois
s’est vêtu
légèrement
d’automne…
tu t’éloignes
doucement
fermement
au fond de l’allée
mille fois arpentée
sans te retourner
sans hésiter
ton chemin est jonché
de taches
de lumière…
… ce 16 novembre 2017
Saïd Benjelloun
L’homme est un fil et moi je suis le mur
Dans le cadre d’un atelier vidéo dirigé par M.-P. Despret
Durant l’année 1994, quinze jeunes filles marocaines et zaïroises de Molenbeek-Saint-Jean se sont engagées dans un atelier de formation-réalisation audio-visuelle. Leur parcours, au-delà des apprentissages techniques, fut surtout alimenté par les rencontres de militantes venues de différents pays. Au centre des débats : la femme. L’indépendance : celle de l’esprit, celle du corps. L’autorité : celle de la famille, celle de Dieu, celle de l’amour. Le savoir : celui de la tradition, celui de la libre pensée… D’une semaine à l’autre, au fil des rencontres et dans l’intimité du groupe, les paroles se sont dénouées, les valeurs ont été interrogées et les idées largement débattues. L’année scolaire se clôtura par la réalisation d’un film vidéo de trente minutes intitulé “L’homme est un fil et moi je suis le mur”
En septembre 1995, profitant de la brèche ouverte, huit d’entre elles décidèrent de prolonger l’expérience. Elles désiraient quitter les sentiers battus du discours pour investir les libres espaces de l’imaginaire. Le récit de la fille qui voulait s’envoler.* fut alors entamé.
Les participantes bouclent l’atelier avec une histoire collective, l’une écrite, l’autre vécue. Et elles quitteront bientôt l’Athénée de leur adolescence pour “s’envoler” vers d’autres horizons.
Mais une question se pose inévitablement à nos esprits : où se situent donc ces jeunes parmi les discours contradictoires que véhiculent les médias, les débats politiques, les croyances religieuses, les traditions défendues par les uns et la “modernité” plaidée par les autres ?
Ce récit représente une tranche de vie d’un groupe qui s’est longuement investi pour tenter de donner plus de sens aux combats que mène chacun d’entre nous, en Belgique ou ailleurs. Car à mes yeux, de tels parcours nourrissent aussi ceux et celles qui les provoquent en animant leur désir de démasquer les formes toujours renouvelées d’une paix sociale mensongère. Merci aux participantes et à toutes celles, personnes et institutions, qui ont rendu cette expérience possible.
Marie Pierre Despret
Responsable de l’atelier, 1996
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- Betacam SP/29’/1995, disponible auprès de l’Asbl Les Corsaires, Quai aux Pierres de Tailles, 1000 Bruxelles
