Reconfinement jour 33 (mardi 1er décembre 2020) — Adonis
Reconfinement jour 33 (mardi 1er décembre 2020)
Une rencontre, un écrit ..

Muret, 2005
Adonis
Syrie
1930-
Adonis est venu avec Vénus Khoury-Ghata au lycée Charles de Gaulle de Muret le 8 février 2005. De son vrai nom Ali Ahmed Saïd, Adonis est un poète et critique littéraire syrien d’expression arabe et française.
C’est à l’âge de dix-sept ans qu’il choisit le nom du dieu Adonis comme pseudonyme pour publier ses poèmes. Il s’exile au Liban avant de s’installer à Paris en 1985.
Son oeuvre poétique en fait l’un des plus grands poètes de langue arabe actuellement. Il est également traducteur de poésie française en arabe (Henry Michaux, St John Perse, rené Char).
Parmi ses nombreux recueils :
- أغاني مهيار الدمشقي، دار الآداب، بيروت 1988
- أوراق في الريح، دار الآداب، بيروت، 1988
- تنبّأ أيها الأعمى، دار الساقي، بيروت، 2003
- 2017 سوريا وسادة واحدة للسماء والأرض
دار الساقي
- Chants de Mihyâr le Damascène), Ed. Sindbad, 1999 - Toucher la lumière, Ed. Fata Morgana et Imprimeries Nationales/Actes Sud 2003
- Chronique des branches, Ed. La Diff;erence, 2012
- Zócalo, Mercure de France, 2013
- Syrie : un seul oreiller pour le ciel et la terre, poèmes accompagnés de photographies de Fadi Masri Zada, Ed. du Canoë, 2020 trad. Aymen Hacen
Célébration de l’enfance
Je me souviens de la folie-
elle s’appuyait
sur l’oreiller de la raison
tandis que je dialoguais avec mon corps
…
Ô mes jours passés
Ils marchaient somnambules
et je prenais appui sur eux
L’amour et le rêve sont parenthèses
Entre elles je place mon corps
par quije prends connaissance du monde
…
Tôt j’ai été blessé
et tot j’ai su -
ce sont les blessures qui m’ont créé
…
Si la lune était une maison
mes pas refuseraient d’en franchir le seuil
Je préfère cette poussière
que m’apporte l’air des saisons
…
Seul celui qui s’est mêlé à l’horizon
peut ouvrir un chemin
…
Je suis né dans un village
étroit et clos comme un giron
et jamais je n’en suis sorti
Mon amour est pour l’océan
non pour les rivages
*Adonis,*Célébrations, trad. A. W. Minkowski et l’auteur, Le fleuve et l’écho/Ed. La Différence, Paris 1991
احتفاءً بالطفولة
أتذكَّر الجنون ـ
يتّكئ، للمرة الأولى، على وسادة العقل
كنت أور جسدي
…
يا لأيّامي الماضية
كانت تسير في نومها
وكنت أتوكّأ عليها
الحبّ والحلم قوسان
أضع بينهما جسدي
وبه أتعرّف على العالم
…
جُرحت باكراً
وباكراً عرفت
الجراح هي التي خلقتني
…
لو كان القمر بيتاً
لرفضت خطواتي أن تطأ عتبته
مأخوذ بهذا الغبار
الذي يحمله إليّ هواء الفصول
…
وحده الذي امتزج بالأفق
يقدر أن يفتح طريقاً
…
ولدتُ في قريةٍ
صغيرةٍ وسرّيةٍ كأنها الرحِم
ولم أخرج منها أبداً
حبّي للمحيط لا للشواطئ
أدونيس، احتفاءً بالأشعّة الغامضات الواضحات، بيروت، ١٩٨٨