Reconfinement jour 5 (mardi 3 novembre 2020) — Abd Es-Slam Laajili
Reconfinement jour 5 (mardi 3 novembre 2020)
Une rencontre, un écrit …

A Lodève, 2004
Abd Es-Slam Laajili
Libye
1960-
Nous nous sommes connus au festival Voix de la Méditerranée, tenu à Lodève du 24 juillet au 1er août 2004. Présenté par Saleh Diab, le poète libyen Abd Es-Slam Laajili lut quelques uns de ses poèmes sur la place du marché à la lecture-dégustation de fin de journée. Nous fîmes plus ample connaissance autour d’un verre. SA vie en Libye n’était pas des plus faciles, et encore moins pour le poète qu’il était. Au festival Il regrettait qu’on ne lui ait pas traduit assez de poèmes en français. Il m’offrit son dernier recueil, L’arbre à paroles, et me demanda si pouvais traduire un poème de plus et le lire en français avec lui le surlendemain à la lecture-petit déjeuner. Ce que je fis dans la voiture en attendant le retour des amis chez qui je logeais à Bédarieux. Je choisis le poème “Verbiage hivernal” que je lus en français avec lui comme convenu.
Verbiage hivernal
Je dis un jour
à un nuage qui passait
prodigue ta pluie
juste dans ma petite gourde
et je leur laisserai
le reste de pluie.
Pourquoi ce matin
m’altère-t-il
la saveur du café ?
Il est sept heures du matin
et tout est normal
Nos rêves sont sans manteaux
et nos maisons sont des chapeaux temporaires.
Dors petit enfant
Avant que des yeux exorbités
Sous des casques
Ne te fassent oublier
Ton tendre sourire
…
Dors ma femme et ne m’attends pas
car j’ai égaré
les clefs de la nuit
je suis à présent entre
un tir ciblé
et les visages d’amis
qui disparaissent subitement
Abd Es-Slam Laajili, L’arbre à paroles, Benghazi, 2001
لغو شتائي
قلت مرّة
لغيمة عابرة
.. أمطري
في قربتي الصغيرة فقط
وسوف أترك لهم
.بقية الشتاء
لماذا هذا الصباح
يفسد عليّ
نكهة القهوة؟
الساعة السابعة
وكل شيء كما هو
أحلامنا بلا معاطف
وبيوتنا قبّعات مؤقّتة
نم أيّها الطفل الصغير
قبل أن تنسيك
العيون الجاحظة
تحت القبّعات
ضحكتك النديّة
…
نامي ولا تنتظريني
لقد ضيّعت
مفاتيح الليل
أنا الآن محاصر
بين احتمال الرصاص
ووجوه الأصدقاء
التي تغيب فجأة
عبد السلام العجيلي، شجرة الكلام، بنغازي، ٢٠٠١